Chartrand (Michel). (C

Un article de la La Mémoire du Québec (2022).

  • Chartrand (Michel). (H) (C)

Typographe et syndicaliste né en 1916 (20 décembre 1916) à Outremont (Montréal) ; il est le treizième d'une famille de quatorze enfants.
Études à l'école Dollard d'Outremont (1922-1925), à l'Académie de Québec (1925-1930), au Collège Jean-de-Brébeuf (1930-1931) et au Séminaire de Sainte-Thérèse (pensionnaire 1931-??), à l'école des métiers des frères des Écoles chrétiennes (typographie) et à l'Université de Montréal-UdeM.
Époux de Simonne Monet Chartrand.
Décès en 2010 (12 avril 2010) à Longueuil.

  • Éphémérides :


De Septembre 1933 à Octobre 1935, Chartrand est moine de choeur sous le nom de frère Marcellin chez les trappistes d'Oka qu'il quitte le 8 octobre 1935.
En 1939, il fonde une coopérative de vêtements, une coopérative de consommation appartenant aux acheteurs et il participe à la campagne pour le Parti de l'Action libérale nationale-ALN dirigé par Paul Gouin.
En 1941, après avoir quitté l'armée où on ne parlait que l'anglais, il fonde la coopérative La Bonne Coupe, une coopérative d'achat de vêtements à bas prix.
En 1942, il est gérant de l'Imprimerie Stella appartenant à son père sur la rue de Brésole dans le Vieux-Montréal.
En 1942, il épouse Simonne Monet ; son mariage dans l'église Notre-Dame de Montréal est bénit par le chanoine Lionel Groulx.
En 1942, il joint les rang du Parti du Bloc populaire opposé à la conscription et participe à la fondation de la Ligue de défense du Canada.
En 1945, aux élections fédérales, il est candidat défait comme député du Bloc populaire du Canada de Chambly-Rouville.
En 1946, il participe à la fondation de la Caisse populaire Desjardins de Montréal-Sud (Longueuil).
En 1949, au cours d'une grève dans l'industrie de l'amiante à Asbestos et à Thetford Mines, il est emprisonné pour avoir insulté un policier provincial.
En 1950, il devient un organisateur de la Fédération nationale du vêtement de la Confédération des travailleurs catholiques du Canada-CTCC.
En 1951, il est agent d'affaires pour le Conseil central des syndicats catholiques de Shawinigan.
Il est arrêté par la police au cours de la grève des employés de la compagnie Alcan de Shawinigan.
En 1952, il est arrêté et détenu de février 1952 à juin 1953.
Il est sur les piquets de grève lors du conflit pour la reconnaissance syndicale au magasin Dupuis et Frères (NOTA : Le magasin Dupuis et Frères fermera ses portes en 1968 à la suite d'une grève de ses employés syndiqués).
En 1953, il est l'un des membres fondateurs du Syndicat des employés permanent de la la Confédération des travailleurs catholiques du Canada-CTCC et fait partie de son conseil d'administration et il est membre de l'exécutif de la CTCC. Congédié à la suite d'un conflit interne, il est réinstallé à la suite d'un arbitrage présidé par Pierre Elliott Trudeau.
En 1954, il présente sa candidature au poste de secrétaire général de la CTCC, mais il est défait par Jean Marchand.
En 1956, il se joint à la section québécoise de la Cooperative Commonwealth Federation-CCF présidée par Thérèse Forget Casgrain ; la section québécoise adopte le nom de Parti social démocratique-PSD dont il est le chef et candidat défait aux élections du 20 juin 1956 ; le PSD n'a alors remporté que 2,7 % du vote populaire.
En 1957, il participe à la grève des travailleurs de la compagnie Alcan et soutient la manifestation en faveur des grévistes de la Gaspé Copper Mines, filiale de la compagnie Noranda Mines de Murdochville.
En 1958, il est élu membre du conseil d'administration de la Caisse populaire Desjardins de Montréal et de la Confédération des travailleurs catholiques du Canada-CTCC de Montréal.
En 1958, il est candidat défait du Parti social démocratique-PSD dans la circonscription de Jonquière aux élections fédérales de 1958.
En 1959, il est candidat défait du Parti social démocratique-PSD dans la circonscription de Jonquière lors d'une élection partielle remportée par le Parti de l'Union nationale-UN dirigé par Maurice Duplassis.
En 1960, il aménage l'imprimerie des Presses sociales dans un local du PSD à Montréal et en loue une autre dans le Vieux-Montréal à l'angle des rues Saint-Alexandre et Saint-François-Xavier ; il y imprime des auteurs québécois tels Gilles Vigneault, Claude Péloquin, Pierre Vadeboncoeur, ainsi que des revues politiques de gauche et autres documents syndicaux.
En 1963, il se dissocie du Parti social démocrate-PSD et participe à la fondation du Parti socialiste du Québec-PSQ.
En 1963, il est arrêté pour avoir distribué des tracts sur la voie publique à Trois-Rivières.
En 1967, il devient permanent du Syndicat de la construction affilié à la Confédération des travailleurs catholiques du Canada-CTCC.
En 1968 il devient président du Conseil central des syndicats nationaux de Montréal affilié à la Confédération des travailleurs catholiques du Canada-CTCC (qui deviendra la Confédération des syndicats nationaux-CSN) poste qu'il occupera jusqu'en 1978.
En 1969, il fonde l'Association coopérative des publications populaires dont le premier projet est d'éditer le journal, Québec Presse, qui offre aux syndicats, coopératives, comités de citoyens et groupements contestataires la possibilité de refléter et stimuler la pensée et l'action populaire démocratique ; le premier numéro de Québec-Presse paraît le 19 octobre 1969 et le dernier paraît le 10 novembre 1974 ; la vie de Québec Presse aura donc duré 5 ans.
En 1969, il collabore à la création de la Coopérative d'alimentation Cooprix et en devient le trésorier ; en 1982, le plus important grossiste qui alimente les coopératives, la Fédération des magasins Coop, fait faillite ; la Coopérative se tourne alors vers le secteur privé, notamment les magasins d'alimentation Métro-Richelieu pour s'approvisionner ; en 1986, le Cooprix de Longueuil est absorbé par le groupe Provigo et la Coopérative des consommateurs de Montréal disparaît définitivement.
En 1970, il participe à la fondation du Front d'action politique-FRAP, un parti politique municipal qui veut ravir le pouvoir au Parti civique du maire Jean Drapeau.
Le 13 octobre 1970, il apporte son soutien au manifeste du Front de libération du Québec-FLQ publié après l'enlèvement de James Richard Cross. (Voir Québec (province). Crises. Crise d'octobre 1970) ; Chartrand aurait affirmé «Nous allons gagner parce qu'il y a plus de gars prêts à tirer sur les membres du parlement qu'il y a de policiers».
Le 16 octobre 1970, il est appréhendé en vertu de la Loi des mesures de guerre et sera détenu jusqu'au 16 février 1971.
Le 26 novembre 1970, il est formellement accusé de conspiration pour renverser le Gouvernement du Québec ; il sera acquitté de l'accusation de mépris de cour le 2 juin 1971 ; les autres accusations seront abandonnées par le Procureur général du Québec.
Le 17 mai 1972, lors de la réunion du Conseil confédéral de la CSN, il est victime de coups de poing à la figure de la part de partisans de l'un des deux groupes de syndiqués qui s'opposaient les uns aux autres sur une motion de blâme à l'encontre de messieurs Paul-Émile Dalpé, Jacques Dion et Amédée Daigle qui fonderont plus tard la Confédération des syndicats démocratiques-CSD.
En 1983, il participe à la création de la Fondation pour l'aide aux travailleuses et aux travailleurs accidentés-FATA.
En novembre 1998 il est un candidat défait sous la bannière de l'Union des forces progressistes dans la circonscription de Jonquière ;
Chartrand y défend le principe du revenu de citoyenneté ; l'élection dans ce comté a été remportée par Lucien Bouchard.
Décès à Longueuil en 2010 (12 avril 2010) à 94 ans.

  • Bibliographie :


Simonne Monet Chartrand et Michel - Un couple engagé - Michel Chartrand et Simone Monet -
Un couple engagé (biographie, Andrée Yanacopoulo et Paul Labonne, 2 titres publiés tête-bêche, Éditions Point de fuite, 2010).
Tête-Bêche Traduit de l'anglais-En philatélie, la tête-bêche est une paire de timbres accolés dont l'un est à l'envers par rapport à l'autre, produit intentionnellement ou accidentellement. Comme toute paire de timbres, une paire de tête-bêches peut être une paire verticale ou horizontale. Wikipédia (anglais)
Dictionnaire des intellectuels.les au Québec (Yvan Lamonde, Marie-Andrée Bergeron, Michel Lacroix et Jonathan Livernois, 2017)

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