Trudeau (Pierre Elliott)
Un article de la La Mémoire du Québec (2022).
- Homme de loi (avocat) né en 1919 (18 octobre 1919) à Montréal.
Fils de Charles Trudeau, un francophone et de sa mère, Grace Elliott, une anglophone.
Gendre de James Sinclair (1978-1984).
Études à l'Académie Querbes, au Collège Jean-de-Brébeuf, à la Harvard University de Cambridge, Massachusetts, États-Unis (maîtrise en sciences politiques) et à la London School of Economics en Angleterre.
Coopère à la fondation de la revue idéologique et politique Cité libre avec Roger Rolland, Gérard Pelletier et Jean LeMoyne (1949).
Fonctionnaire au Conseil privé à Ottawa (1950-1951).
Professeur de droit constitutionnel à l'Université de Montréal-UdeM (1960-1965).
Député du Parti libéral du Canada-PLC de Mont-Royal à la Chambre des communes (1965-1984).
Secrétaire parlementaire du premier ministre Lester B. Pearson (1965-1967).
Ministre de la Justice et procureur général du Canada (1967-1968) dans le cabinet de Lester B. Pearson.
Comme ministre de la Justice, on lui doit la Loi sur les langues officielles qui établit le bilinguisme officiel dans les institutions et services fédéraux (1968), la Libéralisation des dispositions du code criminel concernant les relations sexuelles entre adultes consentants, la Simplification des procédures de divorce et la Légalisation de l'avortement sous certaines conditions.
Il avait pourtant déjà affirmé «Le gouvernement n'a pas sa place dans les chambres de la nation».
Premier ministre du Canada (20 avril 1968 - 4 juin 1979 et 3 mars 1980 - 30 juin 1984)
Gendre (1978-1984) de James Sinclair, un ancien ministre fédéral de Colombie-Britannique.
Le 22 décembre 1967, Le premier ministre Pierre-Elliott Trudeau déclare :
«L'État n'a pas d'affaires dans les chambres à coucher des Canadiens»
et il lance une réforme du Code criminel, qu'il assouplit, entre autres, au sujet l'homosexualité.
Comme premier ministre du Canada, il met en application la «Loi des mesures de guerre» pour contrer l'action du Front de libération du Québec-FLQ (1970) ; puis, à la demande de Robert Bourassa, premier ministre du Québec, il fait appel aux forces armées canadiennes qui occupent des parties de la province de Québec.
Le 10 septembre 1971, à 51 ans, il épouse Margaret Joan Sinclair, 22 ans, avec qui il était fiancé depuis six mois; de cette union seront issus Alexandre Trudeau, Michel Trudeau et Justin Trudeau.
En 1976, il est le premier leader occidental à visiter officiellement l'île de Cuba malgré l'embargo décrété par les États-Unis.
Sous son administration, le Gouvernement canadien :
a accordé la reconnaissance diplomatique de la Chine communiste (1970) deux ans avant que les États-Unis en fassent autant,
a adopté des mesures permettant l'abolition de la peine de mort au Canada (1975),
a remplacé le système anglais de mesures par l'établissement du système métrique de mesures (1979),
a procédé au rapatriement de la constitution du Canada (1982), à l'enchâssement de la charte des droits et libertés dans cette constitution (1982), et à la réaffirmation de la compétence du Canada sur l'Arctique.
sa politique énergétique pour contrer la crise provoquée par l'augmentation des prix internationaux du pétrole lui mérite la réprobation des provinces d'Alberta et de Saskatchewan) productrices de pétrole au Canada .
NOTA : En plus des sables bitumineux, le Canada possède environ 6 milliards de barils de pétrole exploitable en Alberta et en Saskatchewan.
Le 13 novembre 1998, Michel Trudeau, son fils cadet est emporté par une avanlanche dans un lac glacé de Colombie-Britannique ; en 2025, le corps de Michel Trudeau n'avait pas encore été retrouvé.
Le 26 avril 2008, une prétendue cellule du Front de libération du Québec-FLQ qui se nomme Papineau proclame être l'auteur de graffitti peints sur le caveau de la famille Trudeau à Saint-Rémi.
Décès en 2000 (28 oub 29 septembre 2000).
Sa dépouille est inhumée dans le caveau de la famille Trudeau dans le cimetière de Saint-Rémi.
Nota : Saint-Rémi, auparavant appelée Saint-Rémi-de-LaSalle et Saint-Rémi-de-Napierville, est une ville du Québec située dans la MRC des Jardins-de-Napierville dans la région administrative de la Montérégie.
En 1921, sa population est estimée à 8 968 habitants. Wikipédia.
Le 3 octobre 2000, Fidel Castro, le président de Cuba et Jimmy Carter, ancien président des États-Unis, assistent aux funérailles d'État de Pierre Elliott Trudeau célébrées dans la basilique Notre-Dame de Montréal.
- Publications - Liste partielle :
Deux innocents en Chine rouge (essai, avec Jacques Hébert, 1961).
Le Fédéralisme et la société canadienne-française (essai, Hurtubise HMH, 1967 ; Robert Laffont, 1968)
Les cheminements de la politique (essais, 1970)
Mémoires politiques (Éditions Le Jour, 1993)
À contre courant. Textes choisis 1939-1996 (Les Éditions internationales Alain Stanké, 1996)
«La souveraineté du Québec serait un crime contre l'humanité» : Phrase prononcée le 22 février 1977 par Monsieur Trudeau devant les deux chambres du Congrès américain.
Une recherche sur le Web permet de constater que nombreux sont ceux qui tiennent cette citation pour évidente. Même un site de l'Université de Sherbrooke et l'encyclopédie Wikipédia reprennent cette version.
Qu'en est-il vraiment ? Voyons : Le 22 février 1977, Trudeau prononce un important discours devant les deux chambres du Congrès américain. À part un paragraphe en français, son discours est prononcé dans la langue de ses auditeurs. Le discours aura un grand retentissement. Voici le texte exact du fameux passage, tiré de la page 4904 du Congressional Record, l'équivalent américain du Journal des débats : « Most Canadians understand that the rupture of their country would be an aberrant departure from the norms they themselves have set, a crime against the history of mankind. »
« Un crime contre l'histoire du genre humain. » Voilà une affirmation fort catégorique, mais bien différente de la version si souvent répétée. Elle s'enracine dans une vision de l'histoire que Trudeau avait exprimée dans un texte publié par la revue Cité Libre en 1962; puis reproduit plus tard dans son livre Le fédéralisme et la société canadienne-française : « L'histoire de la civilisation, c'est l'histoire de la subordination du nationalisme tribal à des appartenances plus larges. » Trudeau pensait-il qu'à long terme, l'humanité, à partir de clans étroits refermés sur eux-mêmes, chemine vers la constitution d'entités politiques plus larges.
- Distinctions :
Membre de l'Ordre du mérite de l'Association des diplômés de l'Université de Montréal-UdeM (1974).
Membre de l'Académie des Grands Montréalais (1984).
Compagnon de l'Ordre du Canada-COC (1985).
Le premier ministre du Canada, Jean Chrétien, annonce le 5 octobre 2000 que le mont Logan, au Yukon, le plus haut sommet du Canada, sera désormais appelé mont Pierre-Elliott-Trudeau ; cette décision est cependant annulée à la suite des protestation des scientifiques canadiens.
En 2003, l'Aéroport de Dorval est rebaptisé Aéroport Pierre-Elliott-Trudeau.
En juin 2006, le mont Ski-Trail (voir Wikipédia) dans la chaîne Cariboo à l'intérieur de la Colombie-Britannique devient le mont Pierre-Elliott-Trudeau.
NOTA : Le mont Logan est la plus haute montagne du Canada, elle porte le nom de sir William Logan, premier directeur de la Commission géologique du Canada.
Le mont Logan, d'une altitude de 5959 m, est le point culminant du Canada. Le professeur I.C. Russel lui a donné le nom de sir William E. LOGAN, le premier a l'avoir découvert, en 1890, au cours d'une ascension du mont St. Elias. Située dans les monts St. Elias, au Yukon, le mont Logan est l'un des plus grands massifs montagneux au monde. Son versant sud s'élève abruptement à 4150 m au-dessus de la surface plane du glacier Seward. La montagne est surtout composée de granodiorite, une roche granitique d'origine intrusive. De nombreux sommets se dressent au-dessus d'un plateau couvert de glace et de neige, qui s'étend sur une distance de 19 km en direction nord-ouest sud-est, situé entre 4500 m et 5400 m d'altitude. Trois sommets y dépassent 5890 m d'altitude.
Sources :
Dictionnaire des auteurs de langue française en Amérique du Nord (Réginald Hamel, John Hare et Paul Wyczynski, Fides, 1989)
L'Encyclopédie canadienne
Trudeau and Our Times : The Heroic Delusion (histoire, Stephen Clarkson et Christina McCall, 1990),
Trudeau and Our Times : The Magnificent Obsession (histoire, Stephen Clarkson et Christina McCall, 1995),
Pierre Elliott Trudeau - L'Intellectuel et le politique (essai, André Burelle, Éditions de l'Homme, 2005),
Pierre Trudeau tel que nous l'avons connu (témoignages, sous la direction de Nancy Southam, Éditions de l'Homme, 2005),
Trudeau, Fils du Québec, père du Canada - Tome 1 - Les années de jeunesse, 1919-1944 (Max et Monique Nemni, Les Éditions de l'Homme, 2006),
Le Vrai visage de Pierre Elliott Trudeau (essai, François-Xavier Simard, Éditions Les Intouchables, 2006),
Citizen of the World : The Life of Pierre Elliott Trudeau - Trudeau, Citoyen du monde Tome 1 - 1919-1968 (biographie, Tome I, John English, Random House, 2006),
The Teeth of Time : Remembering Pierre Elliott Trudeau (Ramsay Cook, McGill - Queen's University Press, 2006).
Mystic Trudeau : The Fire and the Rose (B.W. Poew, Thomas Allen Publisher, 2007).
Pierre Elliott Trudeau (Nino Ricci, traduit de l'anglais par Alexandre Sanchez, Éditions du Boréal, 2009).
Just Watch Me Tome II - 1968-2000 (biographie, John English, biographie, traduction de l'anglais, Éditions de l'Homme, 2009).
Pierre Elliott Trudeau - Adulé et honni (biographie, Marguerite Paulin, XYZ Éditeurs, 2010).
Changing My Mind (Margaret Trudeau, HarperCollins, 2010).
Trudeau Fils du Québec, Père du Canada - Tome II - La Formation d'un homme d'État : 1944-1965 (Max et Monique Nemni, Les Éditions de l'Homme, 2011)
Sur la piste de Trudeau 40 ans de frictions entre deux nationalismes (une vingtaine de journalistes sous la direction de Jean Paré ; L'Actualité politique, 2014)
Raconte-moi Pierre Elliott Trudeau (François Perreault, Les éditions Petit homme, 2015)
L'héritage politique et constitutionnel de Pierre Elliott Trudeau 1919-2019. (Montréal LexisNexis, 2019)
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